Amuz et le Loch Ness

AMUZ rencontre le Monstre du Loch Ness

Après avoir écouté attentivement l’histoire de Colm, je décide de partir sans plus attendre pour l’Ecosse. C’est également pour moi l’occasion de découvrir un nouveau pays et de nouveaux copains.
Lors de mon trajet, je rencontre des personnes qui sont très surprises de me rencontrer et en même temps ravis de me parler de l’Ecosse, de ses Lochs, de ses fantômes et surtout du monstre du Loch Ness. Ces histoires m’intriguent de plus en plus, et j’ai hâte d’y être...

Après une bonne nuit de sommeil dans la ville d’Inverness, je me rends sur les rives du Loch Ness. Il s’agit d’un lac qui est très grand, presque 40 kilomètres de long sur une largeur qui varie entre 1 à 2 km, mais surtout qui est très profond (l’endroit le plus profond du Loch atteint 258 mètres).
Le paysage est sombre car il tombe une petite pluie fine et un vieux château en ruine ne m’inspire guère confiance. Le Loch est très sombre, il est immense. On ne peut pas distinguer l’autre côté. Il faut être fou pour vivre dans cette eau là. Il ne peut pas y avoir qui que ce soit dedans. Même les poissons doivent être partis ailleurs ! Les rares habitants que je croise ne parlent pas, le vent souffle trop fort et la pluie tombe sans cesse. Je décide donc d’aller me réchauffer dans un pub. En faisant demi-tour pour aller me réchauffer, j’ai l’impression que quelque chose d’énorme et de très sombre bouge juste sous la surface de l’eau. Je me frotte les yeux pour être sûr de moi. Mais non il n’y a rien, c’est la pluie qui a du me jouer un mauvais tour...

J’entre dans le pub et m’installe auprès du feu de cheminée. Aaah ! cela fait du bien de pouvoir se chauffer le poil ! Il y a des tables autour de la cheminée, et l’une d’elle est occupée par un vieux monsieur qui me regarde fixement.
«Tu n’es pas d’ici ?»
«Non Monsieur, je viens de faire un grand voyage pour rencontrer le monstre du Loch Ness»
Le monsieur me fait un sourire et me tend la chaise à côté de lui.
«Viens t’assoir à côté de moi mon gars. Je m’appelle Wilfrid, mais mes amis m’appellent Wil. Je vais te raconter ce que je sais.»
Il s’agit d’une histoire très ancienne. On raconte que Nessie (c’est comme ça que le nomme les gens du coin) est apparu pour la première fois en l’an 565. C’est un moine irlandais, Saint Colomban qui l’a vu en premier. Il décrit un animal ressemblant à un serpent de mer. Puis les histoires les plus récentes racontent que dans les années 30 des hommes ont essayé de l’attraper avec des harpons et des filets mais personne n’y est arrivé. Plus récemment des hommes sont venus avec des bateaux équipés de sonar pour le découvrir, mais Nessie est beaucoup trop malin pour eux. Wil me fait alors un clin d’oeil et me dit : si toi tu vas à sa rencontre, je suis sûr qu’il se montrera. Mais attention, il est craintif. Il a besoin de sentir que tu es quelqu’un qui a le coeur pur et que tu n’as pas peur de lui.»
Les explications de Wil me pousse à sortir malgré la pluie et le vent pour découvrir la vérité.

La nuit va bientôt tomber et il ne reste plus grand monde dehors. Si je dois voir Nessie, il faut que je m’isole pour qu’il n’ait pas peur. Je décide de marcher en direction du Nord sur des rochers qui surplombent le Loch à 15 mètres de haut. Je marche pendant une bonne demie heure sans rencontrer personne. Fatigué, je décide de m’assoir et de surveiller l’eau. La pluie a cessé, et la lune commence à monter au dessus des montagnes.
Je scrute le surface de l’eau. Le scintillement de la lune est magnifique. C’est quelque chose que je n’avais encore jamais vu, quel plaisir. La nature me semble, ici, redevenir sauvage comme chez moi.
Tout d’un coup, un bruits dans l’eau. Je me lève d’un bond. Je tends mon cou pour apercevoir quelque chose : rien. Je décide de descendre près de l’eau. Je m’approche de la surface de l’eau sombre. Toujours rien, pas de bruit. Cela en est même inquiétant car je n’entends pas de bruit d’oiseaux, ni quoi que ce soit d’autre.
Soudain au loin, un autre bruit plus fort et qui se rapproche très vite. Je ne bouge pas, je me souviens des paroles du vieux Wil : «il a besoin de sentir que tu as le coeur pur et que tu n’as pas peur de lui». Mais je ne vois rien. J’entends l’eau bouger et je sens quelque chose de très grand, arriver dans la pénombre. D’ailleurs en levant le tête, je ne distingue plus la lune.
Il est là devant moi... immobile et majestueux. Il fait au moins 10 mètres de haut. C’est donc lui Nessie ? Il ressemble à un énorme dinosaure avec un très grand cou. Il allonge son cou vers moi en soufflant.
«Qui es-tu ?»
«Je suis Amuz»
«Tu n’es pas comme les autres ? Tu n’es pas un homme et tu n’as pas peur de moi ?»
«Je suis une panthère et je parcours le monde à la découverte des hommes et de leurs histoires»
«Voilà une bien belle idée. Tu verras, Amuz, le monde est beau et surprenant à la fois. Mais dis moi, je ressens chez toi une profonde bonté. Je ne parle jamais aux étrangers car ils ont peur, mais avec toi c’est différent. C’est comme si je parlais aux enfants. Sais-tu que je parle aux enfants ?»
«Non» répondis-je
«Eh bien je leur parle, car eux seuls savent que je ne suis pas un monstre méchant et eux seuls me comprennent. Sais-tu qu’il leur arrive même de me chanter des chansons ou de me raconter des histoires. J’adore les histoires. Dis-moi Amuz, est ce que tu as une histoire à me raconter ?»
Je lui raconta alors mon histoire et ma découverte des enfants, mes jeux avec eux et surtout le monde merveilleux d’Amuz et Vous
«Ah quelle belle histoire Amuz. Tu as une très grande chance de pouvoir être avec les enfants tous les jours. Amuz, tu leur diras bonjour de ma part. Il se fait tard je dois y aller et ce n’est pas prudent pour moi de rester hors de l’eau si longtemps. A bientôt Amuz»
«A bientôt Nessie, répondis je»

Voici comment s’est passé ma rencontre avec Nessie. Je ne l’appellerai plus jamais le monstre du Loch Ness car en fait il est très gentil, et il est comme moi : il adore les enfants.